Lettre ouverte des élus FSU de l’Université Paris Sud au président Guy Couarraze et son équipe présidentielle, 17 février 2012

vendredi 17 février 2012
par  Webtine

Monsieur le Président, chers collègues,

Les planches de l’oral du 30 janvier devant le jury de l‘Idex ont provoqué inquiétude et sidération
chez les personnels de l’université ....

Lettre ouverte des élus FSU de l’Université Paris Sud au président Guy Couarraze et son
équipe présidentielle

Monsieur le Président, chers collègues,

Les planches de l’oral du 30 janvier devant le jury de l‘Idex ont provoqué inquiétude et sidération
chez les personnels de l’université.
L’aggravation de tous les dangers potentiels déjà repérés dans le projet d’Idex et dénoncés entre
autres par les élus dans les différents conseils jusqu’au CA, y compris récemment, est criante. Y
sont inscrits en clair l’éclatement et la disparition de notre université, de ses structures, ses
missions d’enseignement et de recherche, ses valeurs, ses principes de fonctionnement collégial.
Ces dangers avaient déjà été exprimés dans des instances de l’université comme le conseil
d’orientation stratégique du plan campus du 25 janvier.

Comment peut-on accepter un tel projet alors qu’il va à l’encontre de tout ce que les conseils ont
voté jusqu’ici ?

Il y a quatre ans les personnels ont élu majoritairement au CA une liste pour la défense des
valeurs sociales, humanistes et collégiales d’une université publique, soutenue par les nombreux
élus des listes FSU des conseils CEVU et CS. Qu’en est-il aujourd’hui ? Pressés, bousculés par la
politique du pouvoir et la volonté personnelle de N. Sarkozy, par le plan campus, la FCS et les
investissements d’avenir dont cet Idex défendu devant le jury avec des arguments stupéfiants
basés sur une conception inacceptable d’ « excellence » pour quelques uns, de compétitivité, de
rentabilité, nous nous trouvons face à un projet d’une superstructure appelée université Paris
Saclay, élaborée sans aucune concertation des personnels et des conseils élus. Nous serions
engagés à y entrer d’ici moins de deux ans, au prix d’un renoncement à l’université Paris Sud, à
ses composantes, à ses formations, à sa politique de recherche et à ses principes.

Il ne s’agit pas d’un refus d’évoluer ou d’une peur du changement. Casser/modifier les structures
n’est, en soi, pas un problème quand cela se fait dans la concertation et dans le temps nécessaire
pour construire ensemble suivant des objectifs décidés ensemble et dans l’intérêt de tous -
personnels, étudiants, et ensemble de la population - dans la concertation et dans le temps
nécessaire. Mais s’agit-il ici de faire progresser en bougeant les limites, faire bouger dans une
intelligence de progrès et dans une visée de coopération vers une vraie université publique, avec
toutes les garanties et les statuts d’une université attentive à toutes ses missions et tous ses
personnels. Il n’en est rien. Il ne s’agit que de casser et adapter l’existant à des intérêts qui n’ont
rien à voir avec ceux de l’université et de ses personnels et qui, plus largement, mettent en cause
l’idée d’un système d’enseignement supérieur et de recherche au service de la nation tout entière.

C’est un principe démocratique qu’une direction élue rende des comptes.
A part le message de Guy Couarraze se félicitant de la sélection de l’Idex et affichant une sérénité
pour l’avenir, nous n’avons eu aucune information et analyse officielles sur le projet Idex et le
projet d’ « université Paris Saclay » et ses conséquences pour l’université.
Nous, élus FSU, demandons que le président, son équipe s’expliquent sur les attendus de cette
course à l’excellence et le degré d’engagement de l’université dans cette aventure d’une université
Paris Saclay en 2014.
Nous demandons tout à la fois des AG des personnels et des étudiants dans les composantes et
une réunion du congrès de l’université pour informer et discuter de l’avenir de l’université Paris
Sud avec l’ensemble des personnels et des conseillers.

Alors que les élections aux conseils centraux de l’université se préparent, se pose la question de
leur signification. D’une part, la façon dont les conseils et leurs positions exprimées dans des
motions souvent unanimes ont été bafoués depuis deux ans porte un discrédit à cette exigence
démocratique et collégiale qu’est le respect de l’avis des conseillers élus.
D’autre part, des questions urgentes se posent et appellent des réponses quand dans deux ans les
nouveaux conseils pourraient être dissous pour laisser place à des structures non élues et non
collégiales de l’ « université » Paris-Saclay. Pour quel mandat, quelle durée ces conseils vont-ils
être élus ? Quel projet d’établissement, quel plan quinquennal vont ils être chargés d’élaborer ?
C’est à la condition de faire fonctionner la démocratie et la collégialité dès aujourd’hui, que ces
élections pourront reprendre tout leur sens.


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