FCS (1), “Fondation Paris-Saclay“ : la manoeuvre vient de loin, le piège vient de se refermer.

mardi 1er février 2011
par  Webtine

Contribution pour la réunion-débats à Orsay le vendredi 4 février 2011.

FCS (1), “Fondation Paris-Saclay“ :
la manoeuvre vient de loin, le piège vient de se refermer.
(Christine Eisenbeis et Arnaud Le Ny, FSU, Université Paris-Sud 11)

Quatre années auront suffi, entre la première annonce du candidat Sarkozy (1) en janvier 2007 : “Saclay sera mon chantier (2) présidentiel” et le vote en décembre 2010, par la fondation elle même, de ses nouveaux statuts s’arrogeant tous les pouvoirs. A Saclay, le service public est désormais France Télécomisé, tout est prêt pour la mise en place d’un immense plan social. Gong de fin pour l’autonomie scientifique ou financière et pour les libertés collectives de recherche. Formations universitaires sous le joug de l’”entreprenariat”, du Medef (1), sous couvert de professionnalisation des études. Une propagande effrénée a effacé les principes élémentaires d’un enseignement et d’une recherche pour tous et au service de tous.

Les artisans de cette manoeuvre ont lu Machiavel ou Sun Tzu, “L’art de la guerre” : “La grande science est de lui [à l’ennemi, ndlr] faire vouloir tout ce que vous voulez qu’il fasse, et de lui fournir, sans qu’il s’en aperçoive, tous les moyens de vous seconder.”.

La fondation première formule administrait en 2007 deux RTRA (1) issus de collaborations pré-existantes. En 2008, le plan campus (vente d’une partie du capital d’EDF - dont l’annonce prématurée par M. Sarkozy a coûté 1,5 M(1) d’euros à l’État - pour rénover les campus universitaires) a forcé les établissements du plateau à se regrouper pour former “le” consortium présidentiel, orchestré par ... la fondation. Une fondation à la gouvernance resserrée, tournant le dos à la collégialité universitaire : “C’est clair, ce n’est pas la pagaille” avait commencé à dire M. Sarkozy fin 2010. En 2010, le grand emprunt a remis tout le monde à l’ouvrage pour élaborer des chantiers (2) d’excellence que la fondation s’est alors appropriés en se votant les pleins pouvoirs.

Non, il n’y a pas d’argent, non, il n’y aura pas d’argent. Au mieux, il n’y aura que redistribution, prendre aux établissements pauvres pour donner aux établissements un peu moins pauvres. Les seuls effets avérés aujourd’hui de tous ces plan campus, ou de relance sont des retenues budgétaires pour le remboursement des intérêts d’emprunts. Les premières miettes ne sont annoncées que pour fin 2011, début 2012, mais une nouvelle structure est si vite arrivée... Au JO (1) début décembre, la publication de l’accord ANR-FCS (1) faisait apparaître une nouvelle structure de pilotage, toujours plus resserrée, toujours
plus haut.

(1) peu importe la signification, l’important, c’est le sigle.

(2) destruction au bulldozer.


Annonces

Sites favoris


1 site référencé dans ce secteur